musée ianchelevici


IANCHELEVICI SCULPTEUR

La période expressionniste

Au début de sa carrière, Ianchelevici est avant tout un modeleur : il cherche dans la terre glaise la première idée de sa composition.
Durant les années 30, l'artiste travaille essentiellement en grand format. Ses modèles originaux, de grands personnages conçus en argile, doivent  être réalisés en plusieurs parties : les jambes, le torse et la tête, les bras. Ils sont pour la plupart moulés avec du plâtre à creux perdu. Les épreuves originales sont coulées à la volée dans un moule en deux pièces pour chaque partie. Côté matière, le sculpteur façonne le plâtre à l'aide du pouce dont les empreintes sont parfois très visibles, comme le sont aussi les incisions dues au couteau ou à l'ébauchoir utilisés pour souligner certains effets.

Le climat des luttes ouvrières et l’angoisse qu’elles suscitent filtrent le monde clos de son atelier. Ianchelevici recherche un langage plastique qui puisse traduire ces aspects de la vie sociale. Il puise son répertoire dans des personnages populaires animés par un tourment intérieur. Ses modèles sont puissants et son besoin d’expression n’hésite pas à accentuer les traits de leur visage.

La majorité des oeuvres de cette époque sont en plâtre.

La conservation des plâtres
Fragiles, les sculptures en plâtre sont conservées en réserves. Elles constituent ce que l'on appelle un "fonds d'atelier", c'est-à-dire l'ensemble des esquisses, études, maquettes, variantes, modèles originaux, qui furent soigneusement préservés par l'artiste tout au long de son existence
Longtemps considérées comme peu nobles et sans valeur, les sculptures en plâtre présentent un intérêt primordial pour qui étudie la sculpture car la première étape, la plus proche donc de la main du créateur, est généralement un plâtre.

La sculpture en bronze

Le modelage et sa traduction en métal offrent à l’artiste des possibilités esthétiques encore inexploitées. Ianchelevici n’a de cesse d’épurer les formes, le bronze lui permet d’atteindre l’équilibre tant recherché ; les proportions s’allongent, les lignes deviennent pures. Bras et jambes peuvent s’écarter du corps, créant des vides qui allègent les silhouettes.

Cette épuration des formes ira croissant et, dans les années 70, les modèles voient leurs membres complètement idéalisés, parfaitement longs et souples au service de la ligne.
Le bronze permet en outre de rendre le mouvement, imprimant aux personnages un rythme que la pierre ne peut évoquer.

Le goût de l’artiste pour le travail de la matière s’exprime aussi dans le bronze. A la manière du peintre qui laisse dans la pâte l’emprunte de son pinceau, Ianchelevici imprime une vibration aux surfaces ; l’épiderme des sculptures se compose de petites boules de terre écrasées où joue la lumière.

Il existe au sein du musée une salle des bronzes où le visiteur peut admirer l'évolution de la pratique du modelage, des années 30 aux années 70.

La phase de maturité

Ianchelevici sculpte de petites figures dans la pierre grâce au procédé de la taille directe qu’il exploite dès 1940. Contrairement au modelage où rien n'est plus facile que de modifier, retirer ou rajouter de la matière là où elle manque, la technique de la taille directe agit par soustraction de matière sans aucune possibilité de retour en arrière. 

Cette technique est sans doute à l’origine d’une nouvelle conception de l’espace. Les figures se replient sur elles mêmes et, aux grands vides laissés entre les membres, succède la masse compacte du bloc. La difficulté de travailler la pierre a en outre imposé une simplification des formes. Les membres s’allongent, les surfaces deviennent lisses alors qu’une spiritualité investit davantage les sculptures.

Ianchelevici se met véritablement à sculpter le marbre et le grès à partir de 1945. La forme du bloc dicte le plus souvent ses exigences, l’artiste s’y soumet. Il se fait fort d’exploiter les contrastes entre la rugosité de la pierre brute et le poli des chairs humaines. Avant lui, Michel-Ange et Auguste Rodin que Ianchelevici admirait, avaient déjà expérimenté la confrontation de ces étapes de la taille.

Un changement de thème survient à la même époque, le sculpteur s’inspire désormais de modèles juvéniles. Ce ne sont plus ces figures d’hommes tourmentés au corps un peu lourd, à la musculature détaillée mais des silhouettes de très jeunes gens, des fillettes souples aux formes naissantes. Nécessitant une approche nouvelle, ces corps allongés et épurés perdent peu à peu en densité ce qu’ils gagnent en harmonie.

Son besoin d’expression contraint l’artiste à un travail constant. Se pliant à la discipline rigoureuse qu’impose le ciseau, il simplifie encore ses formes, les traits du visage se schématises. Les volumes sont désormais intimement liés à la matière. Les figures semblent naître du roc puis s’épanouissent, libres et douces, au fur et à mesure qu’elles se détachent du bloc.

Dix-sept tailles directes, dont certaines monumentales, sont exposées dans le musée.

 

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Musée Ianchelevici       Place Communale       7100 La Louvière        Tel : 064/282530       Fax :064/216793 Info@musee.ianchelevici.be

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