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LE MUSEE : LES EXPOSITIONS TEMPORAIRES : PASSEES

PASSEES
exposition temporaire passée programmée par le Centre culturel régional du Centre
(Du 01/05/2010 au 13/06/2010)
Expo X3 Marianne Ponlot / Robert Quint / Aurore Vandember

Marianne Ponlot
La nature et les forces qui l’animent inspirent les créations de Marianne Ponlot dont l’œuvre couvre différents champs d’expression. Les images et les objets, l’écriture et les collaborations musicales, sont les supports matériels et immatériels avec lesquelles l’artiste questionne le mystère du monde. Ses sculptures et ses installations sont à voir comme des poèmes en trois dimensions. Bien souvent constituées de matériaux périssables, une manière d’affirmer la beauté de l’éphémère, et partant de l’existence, ou privilégiant la légèreté éthérée de la blancheur, ouatine, paraffine, comme des concrétions de lumière qui ouvrent l’œil à l’interprétation des possibles, l’esprit à la vision.

Robert Quint
­‘Qu’est-ce que l’homme dans la nature ? Un néant à l’égard de l’infini, un tout à l’égard du néant, un milieu entre rien et tout.’ Blaise Pascal, Pensées.
On se trouve entre terre et ciel. Entre matérialité brute et attrait coloré d’une étendue d’azur. Entre chaos et forme. Dans une zone d’entre deux, successivement sombre et lumineuse, qui joue sur les registres différents de la féérie, du jeu et du pathos. Les images empruntées aux effigies pop, à l’histoire de l’Allemagne et au quotidien le plus banal, basculent par un jeu de déplacement dans l’urgence des préoccupations actuelles. L’œuvre de Robert Quint diffuse une séduction suspecte, porteuse d’inquiétude. On y voit une forme d’anticipation de la disparition. Ainsi les architectures qu’il construit - Tour de Babel, ruine issue de la tradition romantique, marée noire de voitures accrochée à la toile – sont animées de leur propre engloutissement. Il y a chute, dérive.
 
L’œuvre prend à rebours les clichés de l’innocence et de la légèreté. De la dentelle pour une pollution chimique, des paillettes pour du sperme, un insigne commercial (Mega Value) pour un paysage en perdition, le seul enchantement est-il celui de la vie ?La condition de l’artiste comme celle de l’homme, ce ‘presque rien placé entre infini et néant’ préoccupe Robert Quint. A la question de la filiation, l’artiste ajoute celle de la transmission. Que peut-on encore transmettre à nos fils ? Une sculpture placée en lévitation représente un îlot de terre. Tel un fragment archéologique sauvegardé de la ruine, il porte à son sommet le symbole de la foi chrétienne: un crucifix. Outre le signe d’un intérêt de l’artiste pour la charge symbolique de l’objet religieux, cette pièce interroge la possibilité d’un Après. Incombe-t-il aujourd’hui à l’art de jeter des ponts entre le profane et le sacré, le passé et le présent ?L’artiste est pensé ici comme vecteur de mémoire. Il a tourné le dos aux utopies et aux enjeux fissurés de la modernité, sans opter pour le cynisme. L’art de Robert Quint est sincère. Il se fraye un chemin dans la confusion actuelle avec la détermination d’un enfant qui veut retrouver l’intensité de la vie.
Wivine de Traux. Février 2010
 
Aurore Vandember
Les installations d’Aurore Vandember s’étirent dans l’espace, sculptures translucides qui se jouent du vide et du plein et vibrent dans la lumière, structures d’unités répétées à l’instar du matériau qui les compose - ce polymère de condensation soyeux - assemblé en circuits organiques qui guident l’œil d’un point de jonction à un autre comme une indication d’infini. Formes en extension et tension, d’une apparente fragilité de voilure. Pris dans la toile d’un labyrinthe arachnéen, le regard se prend au jeu de la multiplication possible des points de vue.
Eric Claus
 
«  Points de vue »
…C’est se sentir, se ressentir… c’est découvrir, chaque jour, chaque heure d’autres dimensions, d’autres mondes par l’observation…
…C’est vivre dans la conscience que les astres tournent, que l’univers est un tout…où chacun réagit selon sa position du moment, selon la force et les énergies qui lui sont propres…
Par le tissage du bas nylon, par son extension et son installation dans l’espace…
…C’est découvrir la matière en train de respirer, vibrer au rythme de la lumière… lumière enveloppante qui se diffuse dans tous les plans et motifs de la transparence de ce nylon couleur chair … où fléchages et reflets expriment tout passage fugitif, fragile, intense, instable … »
Aurore Vandember

 

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